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Comment réprimer « les défis des violences urbaines » ? à l’école de police de St Cyr au Mont d’Or

Publié mardi 11 novembre 2008
 

Les 14 et 15 octobre derniers, 80 superflics d’une trentaine de pays européens et des chefs du ministère de l’intérieur français étaient à l’école de police de Saint Cyr au Mont d’Or pour communiquer sur la répression des violences urbaines. Le réseau RÉSISTONS ENSEMBLE en a fait son éditorial du bulletin de novembre. Le voici.

« La carotte et, de plus en plus, le bâton »

Comme dit Hamé, la meilleure des polices ne porte pas l’uniforme. Taf, télé, antidépresseurs, crédits, habitude, et les pauvres savent rester à leur place.

Et pourtant. Mi-octobre : réunion de chefs européens en uniforme sur « les défis des violences urbaines » près de Lyon. La direction centrale de la sécurité publique française y expose son modèle répressif. Et explique qu’après novembre 2005, cinq émeutes « graves » ces douze derniers mois, et les tirs sur les flics, il faut écraser toujours plus les banlieues populaires. Tout est pensé. De l’association stratégique entre les différents corps dans leurs mouvements de terrain (CRS, gardes mobiles, BAC, fraîches compagnies de sécurisation, etc.) au matériel sophistiqué de répression et surveillance (flash-balls longue portée, tazer, vidéosurveillance, hélicoptères, petits avions, drones bientôt généralisés) [1]. En passant par la garde-à-vue de 96 heures jusque-là réservée à l’antiterrorisme.

Et plus ils développent et perfectionnent la répression, plus ils la présentent comme contrôlée, lisse, nette et sans bavure (caméras embarquées, alibi du non-létal). Ainsi donc, l’Etat français est à la pointe du maintien de l’ordre militarisé. Certains voisins comme l’Angleterre préfèrent la police de proximité, représentative des différentes communautés, peu équipée, qui « parle aux habitants », les rapproche de l’Etat en imprégnant leur quotidien, qui prend le pouls, pacifie, surveille et quadrille tout autant mais en douceur.

Gageons que cet impressionnant déploiement à la française doit aussi servir à prévenir les futures réactions aux effets des craquements et de la bonne santé confondus du système économique mondial. Restructurations, délocalisations, licenciements, fermetures, sous-traitance, profits, cracks, fusions, pollution…

Déjà ces derniers mois d’importantes grèves ont eu lieu dans différentes usines, où les ouvriers ont fait face à la flicaille. Comme récemment à l’usine Lindt d’Oloron. Ils goûtent là à ce que vivent quotidiennement les immigrés et les habitants des cités-dortoirs.

Peut-être qu’un jour cette expérience commune à des personnes de milieux différents mais toutes exploitées créera des liens pour une solidarité concrète.

PDF - 185.9 ko

Voici en pdf, le N°69 "RÉSISTONS ENSEMBLE" de NOVEMBRE 2008, petit journal mobile recto-verso A4 du réseau contre les violences policières et sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé localement le plus possible, si le journal vous plaît. L’équipe de rédaction attend vos contributions, propositions, critiques…

Site RÉSISTONS ENSEMBLE contre les violences policières

[1] Présentation d’un drone au colloque sur les violences urbaines à l’école de police de Saint-Cyr-au-Mont-d’or
C’est un avion espion sans pilote, léger (1,2 kg), d’un coût de 35.000 euros, de 1,50m d’envergure, qui a une capacité d’autonomie de 3/4 d’heure, et qui est équipé d’une caméra pour filmer incognito des manifestations, des émeutes rurales ou urbaines, des opposants…


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