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La CNT c’est quoi ? Education populaire et luttes sociales

Publié vendredi 3 juin 2005
 

MJC en sursis à Colombe, la mairie UMP lorgne sur ses locaux, MJC occupée à Valence la mairie UMP veut les virer sans se soucier du reclassement des salariéEs. Rajoutons à cela la politique de casse sociale du gouvernement : crédits FONJEP ( fonds de coopération de la jeunesse et de l’éducation populaire) revus à la baisse, 10 à 30 % de moins pour les subventions aux associations nationales ; 13 % de moins pour l’année 2005 dans le budget jeunesse et sport dévolu aux associations sans oubliés la nette diminution des crédits « politique de la ville » ( seule la police à travers les opérations « ville vie vacances »maintient son budget). En 10 ans le pouvoir d’achat des travailleurEs des métiers de l’animation à chuté de 16 % et nous devons supporter l’arrogance d’un patronat qui voudrait nous voir renoncer au paiement des trois premiers jours de congés maladie, l’unique avancé sociale de notre convention collective (32 46). De qui ce moque-t-on ?

La liste et longue et malheureusement non exhaustive. Le constat est simple, L’éducation populaire est en danger. Il faut un véritable sursaut des acteurs de ce milieu c’est à dire des animateurs, animatrices, direction, personnels techniques sans oublié le public. Déjà la résistance s’organise à Colombe en banlieue parisienne où 5000 personnes ont manifesté contre la mairie mais aussi à Valence où la population à été solidaire des salariéEs de la structure toujours occupée par le personnel et des habitants du quartier. A la Courneuve c’est 200 animateurs qui ont défilé ce printemps presque autant à Toulouse l’année passée pour des titularisations et ils ont obtenus gains de cause. Il nous faut reprendre l’initiative sur les questions pédagogiques et éducationnelles, il nous faut s’interroger sur le fonctionnement de nos lieux de travail sur nos fonctions et statuts. Sommes nous là pour participer impuissant à la reproduction sociale ? Sommes-nous là pour faire le travail que l’état et les collectivités ne veulent plus assumer ? Devons nous rester les bras croisés face à la marchandisation et à l’instrumentalisation de nos associations qui font de nous de simple prestataires de services ? Bien évidemment nous autres travailleurs et travailleuses de l’éducation populaire syndiqués à la CNT refusons cette fatalité. Dès aujourd’hui construisons le rapport de force. Organisons-nous et battons-nous pour nos droits et notre public. Nous voulons des formations de qualité, gratuites, avec des filières cohérentes et des diplômes harmonisés. Nous voulons travailler avec un encadrement suffisant pour remplir notre rôle de socialisation de l’individu avec qualité et dans la sécurité , nous ne sommes ni des flics ni des baby-sitterEs. Nous réclamons des salaires en rapport avec nos responsabilités. Nous ne supportons plus d’être les parents pauvres de l’éducation. Nos conditions de travail sont aussi nos conditions d’accueil.

Aidons notre public à devenir des individus autonomes et libres. Hier l’éducation populaire issue du mouvement ouvrier (certains de ses pionniers étaient syndicalistes) c’est développée en réaction au monopole religieux, aujourd’hui elle doit se défendre d’une logique libérale qui promeut la marchandisation du temps libre et de l’éducation. Cet état des lieux alarmant n’est que le résultat du manque de combativité des salariéEs de ce secteur. Tu ne supporte plus la précarité structurelle qui régit ce milieu ni l’ arrogance de tes patrons ni même l’apathie de tes collègues. Alors rejoins-nous. Luttons comme nos camarades de Paris, de Toulouse de Valence. Construisons la riposte syndicale avec la CNT et dès à présent posons les bases d’une éducation populaire libre où les valeurs de solidarité, d’entraide, d’émancipation et d’autonomie des individuEs en seraient les moteurs.


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