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Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs

Publié lundi 11 février 2008
 
En soutien à la famille et aux proches du jeune de 16 ans mort au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu, en soutien aux détenus, devant l’échec total des prisons pour mineurs,
venons manifester à Meyzieu
ce samedi 9 février 2008 :
rendez-vous à 15h30 devant la mairie.

Pour se rendre à la Mairie de Meyzieu, le plus simple est de prendre à la gare de la PART-DIEU sortie côté Villette le TRAM T3 et descendre à MEYZIEU-GARE puis aller à pied jusqu’à la Mairie (5 minutes environ)

Le vendredi 25 janvier, à la nouvelle prison pour mineurs, appelée pudiquement EPM (Etablissement Pénitentiaires pour Mineurs) à Meyzieu, dans la banlieue de Lyon, un jeune détenu met le feu à sa cellule, en transformant son tee-shirt en torche pour le jeter dans la cour. Malgré ce sérieux appel au secours et malgré les avertissements d’éducateurs extérieurs indiquant clairement que la place de ce jeune n’était pas en prison, la juge des enfants a décidé récemment de prolonger encore son emprisonnement. Huit jours plus tard, il est retrouvé mort, pendu au système d’aération de sa cellule.

L’administration pénitentiaire, redoutant une nouvelle explosion au sein de la prison, décide alors de camoufler cette mort pendant tout le week-end. L’info finit pourtant par sortir le lundi 4 février et provoquer dès mardi quelques remous politico-médiatiques.

Les EPM, qui avaient été médiatisés bruyamment comme des prisons "humaines", "éducatives", "conviviales" se sont révélées depuis leur ouverture un désastre aussi glauque que prévisible : intervention brutale de milices de super-matons cagoulés (ERIS) pour mater les jeunes détenus, pédagogie du remplissage frénétique pour occuper et observer les jeunes en permanence sans leur laisser d’espaces de repli, déprime et protestations des personnels contractuels et des matons ayant conservé un recul critique ou tout simplement flippés par la situation, obstination des bureaucrates d’une structure ultra-hiérarchisée malgré la tension qui grimpe...

Face à ce désastre, les jeunes détenus se révoltent par des mutineries, (destruction d’une partie des locaux de Meyzieu quelques jours après l’arrivée des détenus), hurlements entendus par le voisinage, rébellions quotidiennes et évasions (comme récemment à la prison pour mineurs de Marseille) ou beaucoup plus tristement ici par des voies de fuite individuelles et suicidaires. Mais après s’être tant vanté de ses solutions miracles à la délinquance des jeunes, l’État s’efforce maintenant de camoufler les cadavres...

Nous appelons à un rassemblement contre ces structures d’enfermement pour mineurs

le samedi 9 février

Rendez-vous à 15h30 devant la mairie de Meyzieu pour aller jusqu’à la prison pour mineurs dans le quartier du Mathiolan

- pour apporter un soutien à la famille et aux proches de ce jeune mort le 2 février au sein de la prison pour mineurs de Meyzieu ;

- pour apporter un soutien aux détenus et à leurs familles ;

- parce que nous pensons qu’il est crucial de visibiliser ce qui se passe réellement dans ces prisons.

Nous appelons à des rassemblements similaires devant les EPM déjà ouverts ou encore en construction en France. Nous espérons rassembler dans ce sens tout ceux qui s’insurgent contre les politiques sécuritaires actuelles, la répression policière et l’enfer des prisons françaises. Rappelons à ce titre que le type de décès survenu à Meyzieu, suicide maquillé ou non, est relativement fréquent en France dans les prisons classiques.

Le rassemblement de samedi est aussi un appel à se montrer solidaire avec tout-es celles et ceux qui pourraient connaitre les geôles de l’État pour leur engagement anti-carcéral.

Quelle opposition à l’enfermement des mineurs ?

Depuis l’annonce en 2005 de la construction de ces EPM, une opposition aux formes multiples s’est structurée en France : constitution de collectifs unitaires d’éducateurs et militants syndicaux, occupations des arbres du chantier de l’EPM d’Orvault, neutralisation de machines pour retarder l’avancée des travaux, manifestations... Récemment, un groupe intersyndical d’éducateurs sur Nantes a relancé un appel à l’insoumission et au refus de travailler dans les EPM afin d’espérer bloquer le fonctionnement de ces structures. Des professeurs de l’enseignement public ont aussi refusé d’y intervenir.

Des prisons pour mineurs... aux politiques sécuritaires

En 2004, Le gouvernement avait annoncé la construction de 7 "établissements pénitentiaires pour mineurs" de 13 à 18 ans. Ils étaient censé offrir 420 nouvelles places d’incarcération s’ajoutant aux 850 existantes dans les quartiers pour mineur.es des prisons. Quatre d’entre eux sont déjà ouverts à Nantes, Marseille, Lyon et Toulouse, les autres sont encore en construction. Dans le même sens, le nombre de centres éducatifs fermés (CEF) et de centres éducatifs renforcés (CER) est en train de s’accroître.

Ce renouveau des structures d’enfermement des mineur.es s’inscrit dans un renforcement sécuritaire généralisé : création de nouveaux délits et abaissement de la responsabilité pénale pour les mineurs, peines plancher et rétention de sûreté, généralisation du fichage ADN et de la vidéosurveillance, du contrôle biométrique dans les écoles, harcèlement constant de la BAC dans les quartiers populaires et rafles d’étranger.es dans les villes... Tout cela se mettant en oeuvre avec une pression industrielle énorme puisque bon nombre d’entreprises misent aujourd’hui leur essor économique sur l’écoulement de produits high-tech de contrôle social.

En plein boom depuis septembre 2001, omniprésente à la télé et au centre de tous les enjeux politiques, la propagande sécuritaire déchaîne la peur des autres et cherche à soumettre à la domination économique et sociale en divisant la population. Il s’agit maintenant pour l’État de désigner des délinquant.es dès le plus jeune âge et de les punir. L’objectif est de mater les classes défavorisées dans une société où l’absence de perspective de vie épanouissante et la violence des inégalités nourrit logiques de survie, frustrations rageuses et encore régulièrement quelques sursauts de révolte collective.

Comptant sur un oubli du bilan désastreux des bagnes pour enfants et autres formes d’enfermement du passé, l’État voudrait convaincre du bien fondé et de la modernité des EPM. Nous affirmons pour notre part que l’on ne construira pas un monde plus vivable en enfermant, brisant et torturant des individu.es. La prison instaure la punition en système, elle existe pour préserver l’ordre établi. Elle est un supplice qui, malgré tous les discours de rénovation et de réformes, reste essentiellement dégradant et humiliant.

Face aux prisons, construisons des solidarités et des insoumissions

Provoquons ensemble la fermeture des prisons pour mineurs, CEF, et l’arrêt du programme de construction de ces murs de la mort

Contre toutes les prisons !

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Manifestation du 9 février à Meyzieux contre les prisons pour mineurs

Pour plus d’infos :

panoptique.boum.org  : des textes et infos sur les luttes contre l’enfermement des mineurs ainsi que plus généralement sur le contrôle social (biométrie, fichage ADN, vidéosurveillance...)

tomate.poivron.org  : un site sur les oppressions et discriminations que subissent les enfants


Forum

  • Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs- Précisions
    Le 7 février 2008 vers 11 h, par GD 44

    Précisions importantes :

    Ce n’est pas la FSU ni le SNPES-PJJ (FSU) qui sont à l’origine du manifeste "Nous ne travaillerons pas en EPM". Ils ne l’ont d’ailleurs pas signé. En effet les syndicats de la FSU syndiquent et gèrent les affectations des éducateurs ou des enseignants qui ont fait le choix (plus ou moins librement) d’une affectation en EPM... Ce texte est parti d’une initiative du groupe départemental 44 de la Revue l’Emancipation syndicale et pédagogique, qui est aussi une tendance intersyndicale qui regroupe des militantEs de l’éducation (au sens large) dont certains sont à la FSU, mais d’autres à SUD, à la CNT, CGT...

    L’EPM d’Orvault et le 5ème à ouvrir. Il en reste deux sur les 7 planifiés par Perben en 2002 : un près de Mantes la Jolie (78) et un près de Meaux (94).

    Sinon bravo pour l’initiative, on va voir ce qu’on arrive à faire sur Nantes

    GD 44 emancipationgd44(a)no-log.org

    la place des enfants n’est pas en prison

    • Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs- Précisions
      Le 7 février 2008 vers 14 h
      Nous corrigeons. Merci de votre soutien.
      • Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs- Précisions
        Le 22 février 2008 vers 18 h
        je voudrais juste ajouter une petite précision quant à la procédure pénale : ce n’est pas le Juge des Enfants qui décide que le jeune aille en prison, mais c’est sur réquisitions du Procureur de la République qu’il décide après audition du mineur, de saisir ou pas le Juge des Libertés et de la Détention qui à son tour va entendre le mineur et décider si oui ou non la détention provisoire est nécessaire ou pas. Ce n’est donc pas une décision prise à la légère par un seul magistrat.
  • Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs
    Le 7 février 2008 vers 14 h

    COMMUNIQUÉ DU SNPES - P J J / FSU

    Les premiers Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs viennent d’ouvrir et des premiers faits graves surviennent déjà.

    Samedi dernier, un adolescent s’est suicidé à l’EPM de Meyzieu où il était incarcéré.

    Le suicide d’un adolescent est toujours un événement douloureux et inacceptable, a fortiori, en prison. Pour tous les professionnels au contact d’adolescents en grande difficulté, ce passage à l’acte renvoie à une forme d’impuissance et à un sentiment d’échec. Cela peut arriver dans n’importe quelle prison.

    Mais les EPM ont été présentés, à grand renfort de communication, par le ministère de la Justice et la direction de la PJJ, comme un modèle unique destiné à améliorer les conditions de détention qui, selon eux, n’étaient pas possibles dans les quartiers pour mineurs. Pourtant, en matière de conditions de détention, l’Administration Pénitentiaire n’hésite pas à transférer 6 jeunes des quartiers pour mineurs du continent vers la prison de Borgo en Corse au prétexte du peu de visites probables de leurs familles. Certains quartiers mineurs semble être appelés à devenir des lieux de relégation supplémentaire des jeunes incarcérés puisque 8 jeunes de l’EPM de Marseille avaient déjà fait l’objet d’un déplacement vers le quartier mineurs de Grasse, parce qu’ils ne s’adaptaient pas à l’EPM.

    Ainsi, un tri est, aujourd’hui, opéré : les jeunes les plus difficiles sont orientés vers les quartiers mineurs tandis que ceux qui font valoir leur motivation sont orientés vers les EPM. Nous sommes en droit de nous demander si l’amélioration des conditions de détention était bien le véritable objectif recherché.

    Avec un nombre de personnels éducatifs et pénitentiaires conséquent, des activités permanentes et obligatoires, des locaux modernes et une organisation de vie collective calquée sur celle qui se mène dans les foyers éducatifs, les EPM devaient quasiment faire oublier aux jeunes la réalité de leur incarcération. On constate aujourd’hui que trop de temps collectifs tels qu’ils sont imposés aux jeunes dans ces lieux de confinement sont sources pour eux d’insécurité, propice aux phénomènes de groupes violents.

    Aujourd’hui, le suicide d’un adolescent à Meyzieu, des phénomènes de violence dans tous les EPM ainsi que des conditions de travail détestables pour les personnels, en raison d’ouvertures à marche forcée, tout cela vient confirmer ce que le SNPES-PJJ/FSU a toujours dénoncé comme un leurre et une imposture.

    Leurre pour des éducateurs à qui l’on a fait croire qu’ils pourraient faire un travail éducatif en prison alors que la logique de l’enfermement carcéral s’impose à toute autre logique. Cela trouve son illustration dans les 2 évasions récentes de l’EPM de Marseille.

    Imposture destinée à faire croire à l’opinion publique que ces prisons allaient enfin pouvoir réinsérer ces adolescents. En banalisant à l’extrême les effets destructurants de l’incarcération, en privilégiant les solutions répressives par rapport à la prévention et à l’éducation en milieu ouvert, le gouvernement est en train d’instaurer un véritable gâchis humain et financier.

    Le SNPES-PJJ/FSU continue à s’opposer résolument aux EPM qui, avec d’autres mesures récemment votées, comme les peines plancher et la comparution immédiate pour les mineurs, ont véritablement augmenter l’incarcération avec les risques que celle-ci fait encourir aux adolescents.

    Le 5 février 2008

  • Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs
    Le 9 février 2008 vers 09 h

    Sur Libé Lyon : "Retour sur la vie de Julien, qui s’est pendu en prison à Meyzieu".

    Quelle(s) raison(s) de continuer à ouvrir des EPM ?

    Les fermer... une mesure de protection pour la jeunesse !

    Toutes les politiques d’enfermement des "mineurs" sont un échec. La vie est plus précieuse que les politiques sécuritaires. RESPECT !!!

    - lire Alexis Violet à ce sujet : « La colonie pénitentiaire pour enfants ».

  • Manifestation à Meyzieu contre les prisons pour mineurs
    Le 10 février 2008 vers 22 h
    Une url pour des photos de la manif ?

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