Le 14 janvier 2008 vers 16 h, par
john
Il me paraît essentiel de débattre dès maintenant de l’attitude à adopter lors de ce rassemblement, au risque sinon de se retrouver vendredi à suivre bêtement un mouvement de foule, quitte à le regretter par la suite.
Clairement la question qui se pose est la suivante : ce rassemblement doit-il ou non évoluer en un blocage du conseil d’administration ?
Une donnée me paraît essentielle dans ce débat : la loi prévoit que les universités n’ayant pas adopté leurs nouveaux statuts compatibles avec la LRU avant le 12 février 2008 se verront imposer un conseil d’administration minimal, c’est-à-dire 3 représentants étudiants, 2 IATOS, 8 enseignants chercheurs et 7 personnalités extérieures.
Or tout porte à croire qu’un blocage du CA du 18 janvier, du fait de la proximité de cette date butoir, nous mènerait droit vers ce schéma.
A titre personnel j’estime - et je pense ne pas être le seul ici - que le conseil d’administration, comme la plupart des instances dites représentatives, est un énorme foutage de gueule visant à faire croire notamment aux étudiants et aux personnels qu’ils ont leur mot à dire dans la gestion de leur université, mais qui sert en réalité de soupape de sûreté en déresponsabilisant les acteurs de l’université ("vote et tais-toi"), et d’alibi "démocratique" en cas de conflit ("transmettez vos doléances à vos représentants blablabla").
Donc qu’il y ait 3 représentants étudiants ou 5, 2 représentants IATOS ou 3, le résultat sera le même.
C’est pourquoi, entre le "plus pire" et le "moins pire", j’aurais tendance à choisir l’option qui semble la plus en accord avec notre combat et nos revendications. Les assemblées générales se sont prononcées contre la LRU, nous avons donc toute légitimité à empêcher la tenue de ce CA, qui au final entérine la LRU.
Mais il me semble qu’une autre considération entre en ligne de compte, c’est la perception qu’auront les étudiants indécis de notre action. En effet c’est regrettable mais une large majorité considère le CA comme une instance plus ou moins légitime, et s’y attaquer de manière frontale, physique, (violente ?), avec l’irréversibilité qu’implique l’annulation du vote des statuts, risque fort de nous aliéner une bonne part de ces personnes pourtant potentiellement mobilisables.
En gros on court le risque, dès que le CA à 20 rendra une décision impopulaire, que l’opinion se retourne contre "les bloqueurs" (on pourra d’ailleurs compter sur l’UNEF pour les aiguiller subtilement dans cette voie "ah si seulement on avait eu plus d’élus étudiants au conseil on aurait pu faire quelque chose...").
Une action de blocage du CA, pour qu’elle ne nous coûte pas le soutien des étudiants indécis (et nous allons en avoir besoin dans les luttes qui s’annoncent), nécessiterait au préalable une campagne d’information massive et argumentée. Malheureusement cette action a été prévue trop tardivement pour mettre en place un tel dispositif.
Dans ces conditions, l’annulation du vote des statuts représenterait certes une petite victoire symbolique, mais elle risquerait surtout d’entraver nos prochains efforts d’information et de mobilisation des étudiants.
Tout ça pour dire que l’éventualité d’un blocage du CA vendredi, malgré tout le mal que je pense de cette institution, ne me paraît pas franchement être une bonne idée.
En revanche j’invite toutes les organisations étudiantes ayant pris part au mouvement à réfléchir à une vaste campagne de boycott des élections étudiantes qui auront lieu en mars. Nous nous sommes battus contre la LRU, ne participons pas à sa mise en application. En refusant de jouer le jeu de la pseudo-représentativité nous serons d’autant plus forts et légitimes dans nos luttes à venir.