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Second degré : Les chefs d’établissement à l’école du MEDEF

Publié samedi 10 mars 2007
 
Après la démagogie du B.A.-B.A., la nostalgie du zéro de conduite et l’éloge de la grammaire à grand-père, c’est l’invasion du " management " d’équipes et de la gestion des ressources humaines façon MEDEF au sein de l’E.N. … Avec la casse du statut des enseignants à la clé, c’est ni plus ni moins que celle du Service Public d’Education qui est visée.

Autoritarisme et flicage des personnels

Certains chefs d’établissement anticipent l’avènement de la gestion entrepreunariale des établissements scolaires… Déjà petits patrons, ils recrutent les EVS, précaires parmi les précaires  : 590 euros par mois pour 26 heures hebdomadaires, contrats de 6 mois renouvelables 2 fois… Ils ont pouvoir d’embauche et plus si affinités - autant dire de vie et de mort sur les EVS, surtout ci ceux-ci ont la velléité d’exercer des activités syndicales. Cela a été le cas notamment de Didier Goncalves, militant à la CNT Education, EVS au collège Les Noirettes, dont le contrat n’a pas été renouvelé à cause de son implication au sein de la section CNT du bahut.

Un autre principal, à Marignane, innove. Trouvant que les entretiens d’évaluation individuelle manquaient à l’arsenal de notation des profs, il les a sommés de remplir un questionnaire et de se présenter la semaine suivante dans son bureau pour le fameux entretien. Imaginant certainement les " bienfaits " sur ses " collaborateurs " que cela pourrait apporter… A savoir  : individualisation des problèmes, baisse de la solidarité et de l’entre aide, peur de la mauvaise note, perte de confiance en soi… On commence à voir les précaires comme des ennemis, à ne plus les soutenir : ils travaillent autant et sont moins payés que les statutaires ! On commence à dénoncer ses petits camarades…

Bref, le bonheur pour un chef. C’est comme cela qu’on s’y prend lorsqu’on veut privatiser un service public, c’est comme ça qu’ils ont fait à La Poste. Venons-en au contenu du questionnaire. Entre autocritique et auto-flagellation  : Que faites-vous pour mettre en oeuvre le projet d’établissement ? Rencontrez-vous des problèmes avec vos élèves ? En parlez-vous  ? , la porte est ouverte aux pires calomnies : Avez-vous des contacts dans le cadre du suivi des élèves -fréquents, peu fréquents et pourquoiavec les CPE ? les autres collègues ? la Documentaliste ? L’AS ? On y trouve jusqu’au contrôle de l’orthodoxie de l’interprétation des réformes : Comment participez-vous à la note de vie scolaire ? Comment faut-il mettre en place le socle commun ?

Consternant ? Pas seulement. Dangereux. Et aussi complètement illégal, enfin pour l’instant !

Le management pour les nuls

Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, le Recteur de Lyon organisait un stage avec le MEDEF pour des chefs d’établissement et des conseillers de structures d’insertion le 28 février 2007 intitulé " Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences ". Des chefs d’entreprise devaient intervenir sur des thèmes tels que la qualité, la formation, les ressources humaines, la violence devant un parterre de 12 à 15 chefs. Les objectifs : le rapprochement entre l’école et l’entreprise et… le transfert de compétences. On imagine que trop bien le " sens " de ce transfert de compétences.

Défense des statuts et solidarité sur nos lieux de travail

Si dans nos pratiques nous refusons l’autoritarisme et l’école réactionnaire que nous proposent les politiques de tous bords, nous devons également lutter contre les dérives autoritaires de nos supérieurs hiérarchiques pour maintenir et faire progresser les pratiques d’organisation collective et de solidarité au sein des établissements et pour un service public de qualité. Cela passe d’abord par la défense du statut d’enseignant. La casse de ce statut, loin de se limiter à une simple augmentation de temps de service comme voudraient nous le laisser croire certains, est la prolongation de la démolition du Service Public d’Education initiée en 2003 avec la décentralisation des TOSS et la casse du statut des surveillants.

Cela passe aussi par de multiples actions au quotidien : du soutien aux précaires qu’ils soient profs, vie scolaire ou TOSS, de la dénonciation de ces contrats précaires… Du refus de la délégation de pouvoir par l’intermédiaire du CA ou du Conseil Pédagogique au refus de participer à des entretiens individuels, de signer la notation annuelle voire de l’inspection, en passant par l’organisation d’heures d’information syndicale pour définir quels sont nos problèmes et de décider collectivement des moyens d’actions à mettre en oeuvre pour les résoudre.

C’est nous qui travaillons, c’est nous qui décidons !


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