Souad faisait des études en Master 2 à l’Université Lyon 2. La préfecture a refusé de lui délivrer un titre de séjour étudiant au motif d’un mauvais visa et a profité des informations contenues dans le dossier administratif pour envoyer la police l’arrêter à son domicile. Devant la forte mobilisation qui montait, elle a été expulsée en urgence vers Alger alors que sa famille réside dans la région oranaise. Elle a dû se rendre à Oran par ses propres moyens alors qu’elle avait déjà subi un profond traumatisme suite à son expulsion.
Mamadou, étudiant en troisième année de doctorat à l’université Lyon 3, était en attente du renouvellement de son passeport, ce qui l’empêchait de recevoir un nouveau titre de séjour. Il a été interpellé chez lui et placé en centre de rétention. Suite à l’intervention du consulat du Sénégal qui a reconnu les délais importants avant le renouvellement de passeport pour ses ressortissants, la préfecture a fait marche arrière et a abrogé l’arrêté de reconduite à la frontière. Dénouement heureux mais qui n’a pas évité à cet étudiant de passer 48h en rétention à cause d’une préfecture tellement pressée d’expulser un maximum d’étrangers !
Poncia, est étudiant boursier en Master 1 à l’université Lyon 1. Fuyant la guerre au Congo- Brazzaville, il a rejoint son père en France en 2001. Il a également été arrêté à son domicile et placé en centre de rétention dans le but de l’expulser vers son pays d’origine, où il n’a plus aucune attache familiale. Le 20 février, Poncia a refusé de monter dans l’avion qui devait le conduire au Congo. Il a résisté et s’est débattu contre la police de l’air et des frontières. Il a essuyé des coups qui ont occasionné une fracture à son bras gauche. Arrivé à la fin du délai légal de 15 jours de rétention, Poncia devait passer de nouveau devant le juge des libertés, qui décide du maintien ou pas en centre de rétention. Pressée de renvoyer Poncia, la préfecture a tenté une nouvelle expulsion à son encontre quelques heures seulement avant l’audience. Poncia s’y est encore opposé et, après 24 heures de garde à vue, a été déféré devant la procureur de la république. Cette dernière a admis la situation ubuesque dans laquelle se trouvait Poncia et l’a libéré. Il passera le vendredi 6 avril devant le juge des libertés pour casser l’arrêté de reconduite à la frontière.
Nous nous indignons de l’intensification des procédures d’expulsion envers les étudiants étrangers et des moyens inhumains qui sont mis en oeuvre. Nous méprisons cette préfecture tellement pressée de faire du chiffre et qui interpelle et expulse aveuglément. Nous exigeons l’arrêt des expulsions, le retour en France des étudiants expulsés et la régularisation de tous les sans papiers. Nous réclamons le droit à tout étudiant qui a entamé des études en France de pouvoir les poursuivre dans les meilleures conditions. Nous appelons les étudiants et travailleurs(euses) de l’université à se mobiliser et à rejoindre les réunions publiques qui auront lieu le jeudi 15 mars à Lyon 1 - La Doua et Lyon 2 - Bron.

