Sans doute en raison de cette mobilisation, il n’a pas été prévenu de son départ. A sa demande et à celle de sa famille, aucune manifestation d’indignation n’était organisée à l’aéroport lors de son expulsion.
David était arrivé en France en 2001 à l’âge de 17 ans et depuis 2002, il vivait dans le quartier de la Duchère à Lyon chez son oncle et sa tante avec ses deux jeunes soeurs. Scolarisé depuis son arrivée en France, il a obtenu son brevet des collèges, puis son baccalauréat et venait de terminer avec succès sa première année de BTS "Assistant Technique Ingénieur" à Lyon. En parallèle à ses études, il était fortement investi dans son club de basket et son association de danse. Bref, David n’était pas une menace à l’ordre public et présentait tous les signes d’une bonne intégration en France.
David a été interpellé vendredi 13 juillet lors d’un contrôle d’identité dans le métro lyonnais.
Dès son arrestation, une mobilisation s’organise ; elle réunit, autour de sa famille et de ses amis, le Réseau Universités Sans Frontières et le Réseau Education Sans Frontières de Lyon (RUSF69 et RESF69). Une cinquantaine de personnes sont présentes lors de son audience devant le Tribunal administratif lundi 16 juillet ; environ 300 personnes participent à un rassemblement devant la préfecture mercredi 18 juillet pour exiger sa libération et sa régularisation.
Face à la montée de la mobilisation, le consul honoraire de Madagascar à Lyon intervient auprès de la famille ; il lui demande de faire cesser ces manifestations qui entachent la réputation de la communauté malgache à Lyon et d’accepter l’expulsion de David. En contrepartie de quoi, il s’engage à soutenir David dans ses démarches pour revenir en France.
Malgré les protestations de sa famille, de ses amis, des camarades et des enseignants de son BTS, la préfecture du Rhône a donc décidé, en accord avec le consul de Madagascar, d’expulser David jeudi dernier 26 juillet. Elle décide ainsi d’interrompre brutalement David dans ses études et de briser la vie et les liens qu’il a pu tissés depuis six ans en France et en particulier à Lyon.
La Préfecture applique ainsi à la lettre la politique de contrôle de l’immigration et de reconduite à la frontière définie par le gouvernement précédent et reprise par le gouvernement actuel. Depuis 2002, le nombre d’expulsion de personnes sans papiers a doublé : 10 000 expulsions en 2002, 20 000 en 2006, 25 000 prévues pour l’année 2007. Chaque préfecture a son objectif, l’expulsion de David permet à celle du Rhône de se rapprocher du sien (environ une centaine d’expulsions par mois).
David est parti et sa famille l’a laissé partir avec l’espoir qu’il obtienne rapidement un visa pour revenir en France terminer ses études. Afin de contenir la mobilisation, la Préfecture (par son représentant) s’est engagée à ne pas s’opposer au retour de David en France et le consul de Madagascar à aider David à obtenir à Madagascar un visa pour la France. Mais quel poids peuvent avoir ces paroles ? La décision d’octroyer à David un visa pour la France n’appartient en effet ni au consul de Madagascar à Lyon, ni à la préfecture du Rhône ; elle appartient au consul général de France à Madagascar qui applique en la matière une politique de quotas.
Dans le même espoir que sa famille et ses amis, celui de voir David revenir en France terminer ses études et reprendre sa vie, RUSF69 entend suivre de près les démarches de David pour le retour. Mais RUSF69 continuera également à dénoncer les promesses vides faites aux familles et amis dans le seul but de casser les mobilisations de soutien et de faciliter les procédures d’expulsion. L’expérience montre en effet que les personnes expulsées n’obtiennent pas de visa pour revenir en France.
le Réseau Universités Sans Frontières de Lyon - RUSF69
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