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La APPO Vive, la lucha sigue

Publié mercredi 18 juillet 2007
 

L’APPO est toujours vivante, la lutte continue

Deux lyonnai-se-s présent-e-s à Oaxaca ces trois derniers jours rendent compte de la situation d’affrontements entre la Police Fédérale et les forces de l’APPO.

Le pouvoir assassin

Les deux derniers lundi de juillet a lieu traditionnellement la Guelaguetza, fête traditionnelle où les communautés des huit regions de l’État de Oaxaca échangent leurs expériences et font la fête : danses, musiques spécifiques.
Le pouvoir essaie de récupérer cette fête pour en faire une opération commerciale et touristique, et affaiblir la capacité d’organisation de ces communautés. Les places de la Guelaguetza commerciale coûtent jusqu’a 800 pesos (environ 55€) ce qui est inaccessible pour la plupart de la population.

C’est pourquoi la APPO et la Seccion 22 (syndicat enseignant) ont, comme l’année dernière, organisé la semaine précédente la Guelaguetza popular du 14 au 16 juillet (tout est gratuit). Le dimanche il y a eu une Calenda Popular, défilé des différentes délégations avec fleurs, musiques, danses, chants, slogans contre Ulises Ruiz, gouverneur de Oaxaca. Celle-ci a rassemblé au moins 5000 personnes et s’est terminée par un feu d’artifice sur le zocalo (place centrale de la ville).
Le lundi, rendez-vous a 9h00 sur le zocalo pour partir en cortège à l’auditorium en plein air sur le cerro del Fortin, lieu suffisamment grand pour accueillir tout le monde.

Or la veille, la police a envahi le cerro pour empêcher les répétitions. Environ 10 000 personnes se sont dirigées vers le cerro Fortin. La route menant a l’auditorium était barrée a 1,5 km, devant un hotel de luxe. Cinq cent policiers bloquaient l’accès, armés de boucliers, matraques et fusils. Il y a alors eu des négociations pour pouvoir passer.
A 11h30, les provocations se sont accentuées de la part des policiers qui filmaient les manifestants. Une légère bousculade a alors eu lieu, suivie de jets de pierres des deux côtés, puis les policiers ont lancé les premières lacrymos, suivies de petites grenades. Les manifestants ripostaient par des jets de pierres, à la main, à la fronde ou au lance-pierres. Des lacrymos ont été envoyées, soit directement par la police, soit renvoyées par les manifestants sur les balcons de l’hôtel. Un quinzaine de minutes plus tard sont arrivés les peseros (autobus) qui ont été mis en travers de la route pour servir de barricades. Ils ont été ensuite incendiés, ce qui a considérablement ralenti l’avancée de la police. Les quelques voitures qui se trouvaient sur le parking de l’hôtel ont été defoncées à coups de pierres. Des peseros ont servi de bélier contre certains commerces.

La répression qui a suivie a été très brutale, les policiers usant de lacrymos, de grenades et lançant aussi des pierres. Les affrontements ont duré 3 heures et se sont soldés par deux morts, 50 blessés civils (dont des journalistes frappés par la police parce qu’ils prenaient des photos), 15 policiers blessés et 42 arrestations.

Les photos des interpellés sont impressionantes : on les voit a genoux, les mains au sol, les visages tuméfiés par les coups, les policiers leur bandent les yeux.

Des manifestations de protestation doivent avoir lieu mercredi a Oaxaca, San Cristobal de las Casas et peut-être d’autres lieux.

Des actions seront certainement menées pour empêcher la tenue de la Guelaguetza commerciale.

Tous les articles de rebellyon.info qui ont suivi les évènements de Oaxaca sont ici

Des précisions sur les évènements de ces derniers jours sur Indymedia Paris : ici, et


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