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Établissement pour mineurs : NON !

Publié lundi 18 juin 2007
 
Le lundi 11 juin, un EPM (établissement pénitentiaire pour mineurs) a ouvert ses portes à Meyzieu. Cette taule, présentée comme une avancée, est l’illustration des choix de société faits depuis une vingtaine d’années : criminaliser les pauvres.

En effet, 13000 places de prison ont été créées au début des années 90, ces prisons pour mineurs font partie d’un nouveau projet qui doit amener à augmenter le nombre de places en prison dans la même proportion. En 30 ans, le nombre de places de prison aura quasiment doublé. En sachant que 80% des taulards y sont pour des délits sociaux, on voit que la prison est l’instrument privilégié de la politique du tout répressif. Cette politique se mène en parallèle des politiques anti-sociales qui multiplient précarité, chômage, insécurité sociale. Elle est l’instrument obligé du capitalisme pour maintenir l’ordre social et forcer les pauvres à se plier.

Dans ce cadre, le gouvernement met en avant 420 places en EPM, ces prisons modernes, propres dans lesquelles les mineurs seront enfin pris en charge pour leur donner de réelles chances de réinsertion. Cette réthorique tend à nous faire croire que cette éducation « forcée » peut s’accomoder du milieu fermé, alors que la relation enseignant-enseigné ne peut être riche et constructive que si elle se vit dans un cadre de confiance réciproque. Dans ces taules nous en serons bien loin, avec des jeunes qui subiront les matons, le mitard, la violence entre détenus, enfin tout ce qui fait une prison pour mineur ou pour majeur, moderne ou vétuste… Les éducateurs PJJ qui doivent intervenir dans ces établissements ont massivement rejeté ceux-ci, tout comme les enseignants qui sont invités à venir y enseigner. Le discours de l’administration a été une nouvelle fois celui de la culpabilisation et de la carotte  : ces prisons ouvriront, soit vous vous y impliquez soit elles tourneront avec des précaires, et si vous êtes de bons soldats, vous aurez droit à des primes. Ainsi l’administration a trouvé quelques personnes qui derrière de beaux discours, par carrièrisme ou logique du moindre mal, se font les auxiliaires des politiques sécuritaires.

Un tel projet est aussi significatif de l’avancée de l’idéologie dominante : pour combattre la « délinquance » la prison est présentée comme la seule solution, on fait disparaître toutes les expériences de prise en charge et de prévention en milieu ouvert, et ceci malgré le coût exorbitant d’un EPM. Celui de Meyzieu coûtera 12,9 millions d’euros soit l’équivalent de 8 ans de fonctionnement des 20 services de prise en charge des jeunes de la PJJ de midi Pyrénées en milieu ouvert.

Pour finir, 700 mineurs sont actuellement emprisonnés, or la loi à venir sur les peines planchers fera passer d’ici quelques années le nombre de mineurs emprisonnés à 3000 ou 4000 selon un procureur (Le Monde, 3-4 juin 2007). Une fois de plus, les créations de prisons ne serviront pas à améliorer les conditions de survie des détenus, mais comme toujours dans l’Histoire et dans tous les pays du Monde (voir à ce sujet le livre de Loïc Wacquant " Punir les pauvres "), à augmenter le nombre de personnes incarcérées.


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