Dans la série « la démocratie c’est gueule toujours », on a vu fleurir des petites tentes le long des quais parisiens ou sur des grandes places lyonnaises ou d’autres villes en france. Et ces enfants de don quichotte n’ont visiblement pas encore fini de se battre contre des moulins à vent... « Illes ont quand même réussi à obtenir gain de cause !!! » s’exclament à l’unisson (ou presque) les badaudEs qui, par bonne conscience ou charité chrétienne, sont passéEs jeter un coup d’oeil à la misère, si invisible habituellement...
En effet, pour calmer la populasse, le gouvernement a promis des choses, des choses fortes qui plus est : « droit au logement opposable ». c’est cool !!! en plus, si on regarde bien : le droit au logement opposable permettrait aux personnes sans domicile de recourir auprès des autorités pour faire appliquer le droit au logement, de manière d’abord amiable (« les insectes sont nos amiEs... », chantal goya), puis juridictionnelle. Génial !!!
Mais, bon, d’une part, le gouvernement annonce ce droit pour 2012 (tiens dans un quinquenat ??) ou un peu après (ça dépendra surement de la présidentielle de 2012)...
Les genTEs qui vivent dans la rue ou qui vont y aller, ben illes ont le temps de se construire de belles et sompteuses villas en carton, d’ici là...
Et puis, qu’on ne se leurre pas trop, c’est certainement pas la justice de ce pays qui donnera raison à un clodo qui ira porter plainte contre une collectivité (neuilly par exemple...) qui ne lui permettra pas d’accéder à ce droit au logement...
Et pendant que les politiques pleuraient à l’unisson sur la dépouille du « saint-abbé », les clodos restaient dans la rue contre les avis des entrepreneureuses de lutte qui en avaient certainement marre de délaisser leur petit confort pour dormir dans des tentes...
Quelques dizaines de personnes, elles, n’ont pas attendu 2012, pour trouver une réponse (certes très partielle mais au moins concrète et immédiate) à la crise du logement actuelle... récquisition d’un immeuble vide depuis 7 ans et en bon état qui plus est... tant qu’à faire...
Et c’est à la suite de l’ouverture du ministère de la crise du logement parisien, que des familles, des individuEs seulEs, des travailleureuses sans le sou ou des chômeureuses, des étrangèrEs comme des françaiSEs, ont décidé de s’ouvrir leur propre ministère de la crise du logement à lyon... et ouais, c’est ça aussi la décentralisation.
Du coup, depuis le 28 janvier 2007, l’immeuble situé au 100, cours du docteur Long, dans le quartier de Montchat, a de nouveau ouvert ses portes à plusieurs dizaines de personnes qui en ont fait leur maison, jusqu’à relogement de touTEs dans des conditions décentes.
Début février, les nouvelles paraissent être plutôt bonnes, a priori les habitantEs du lieu pourraient y rester jusqu’en avril, début des travaux de rénovation par l’OPAC, propriétaire de l’immeuble depuis 2005. En attendant, l’étude attentive de la situation des genTEs l’intérieur est alors promise en respectant cependant les « règles de priorité », a affirmé le président de l’OPAC... et puis le 16 mars, et ben ce qui était plus ou moins attendu, arriva : rendu du procès du 9 mars, les 66 habitantEs ont une quinzaine de jours pour vider les lieux. Pour aller où ? Tout le monde s’en contre-carre, du moment qu’illes libèrent cet immeuble qui doit servir après travaux à loger des pauvres...
N’hésitez donc pas à passer les voir, les soutenir et à vous tenir au courant via leur site :
http://ministere69.over-blog.com
100 Cours du Docteur Long (arrêt Charles Richard du 38).

