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Résistance à la Guill’ ( ?!)

Publié vendredi 18 mai 2007
 

Où ?

Le Kahwa, c’est un p’tit local autogéré, une mini-salle d’apéro concert et plus ou moins dix personnes qui vivent dans les apparts au-dessus. Tout ça est parti du besoin de se loger, mais surtout de l’envie de se sortir de nos trous, de changer les rapports sociaux et de casser des murs ; de sortir de la concurrence et du profit ... (bref, tout un tas de bonnes raisons). C’est aussi l’envie de rester en centre-ville, et plus particulièrement à la guill’, pour son p’tit côté pas trop conventionnel, un peu bordélique et vivant, pour partager nos activités avec les pauméEs, les fous/folles, les déchets, ceux/celles qu’on regarde bizarrement, ceux/celles qui font peur aux gens bien comme il faut, et ne pas rester qu’entre gens déjà convaincuEs. ConvaincuEs le sont les politiques qui depuis de longues années essaient par tous les moyens de nettoyer le quartier, à l’image du reste de la ville. Ils voudraient réaménager les pas de porte vides en locaux commerciaux : épiceries exotiques (afin de "garder la diversité culturelle du quartier") et boutiques de design. Pourtant, on espère bien qu’encore une fois ce contrat de ville ne sera pas mis en oeuvre !

Quand ?

Réquisitionné depuis le mois de novembre, ce lieu vide aux entrées stratégiques, a repris vie petit à petit. En janvier, l’ancien local de plomberie du 62 rue Montesquieu s’est vu rebaptisé le Kahwa. On n’avait pas de champagne sous la main pour cette occasion, mais deux mois plus tard, une récup tombant à point nommé, et force de chantiers et de main-d’oeuvre collective, nous a permis de célébrer l’ouverture de la Gargousse, 39 rue Sébastien Gryphe. Si le battement entre les deux ouvertures au public peut être mis sur le compte de l’inertie de groupe (allez pas nous prendre pour des glandeureuses quand même ( ?!)), elle s’est vue résolue par l’imminence de l’expulsion. Mi-février le verdict tombait : la fin de la trêve d’hiver sousentendue, la date est fixée au 20 mars. En d’autres termes, et après passage d’huissierE : "Vous avez un mois pour dégager". Alors, entre la mise en sécurité de certaines affaires et le maintien des activités, il nous restait bien un peu de temps pour monter des apéro-concerts, (on est pas des branlos on a dit, on persiste et on signe). mais les cow-boys du quartier ne l’entendaient pas de cette oreille. Ceux qu’on appelaient avant les "gardienNEs de la paix" et qui se prévalent désormais du titre de "forces de l’ordre" se sont donnéEs rencart sous nos fenêtres, à toutes heures du jour et de la nuit, avec, en extra, une p’tite session gaz lacrymos les jeudis soirs. Faut dire, contrôler et fouiller toujours les mêmes freaks, à la longue, ça lasse ...

Comment ?

Tout nous portait donc à croire que les copains/ines en bleu seraient à nos portes avec béliers et flashball, dès 06h am, à la date susdite. Grâce à la vraie mobilisation, une réelle force des réseaux, intersquat et autres, un semblant de résistance s’est amorcée. Vu que les invitéEs (assermentéEs) n’étaient pas au rdv, fatiguéEs de se planquer comme des rats (spéciale dédicace à JC), une petite délégation s’est rendue à la Courly, propriétaire des lieux, amorçant par cette action, des négociations qui ont eu l’avantage de donner du répit, de pouvoir regagner les habitations, mais qui posent la question de qui, et comment est-il possible de traiter avec les institutions. Entre refus des compromis et déprime d’abandonner un lieu, mon coeur balance. En bref, la situation reste hyper précaire, incertaine, et on ne sait pas de quoi demain sera fait, mais ce dont on est sûrEs, c’est que cette aventure a permis de hisser les drapeaux de la résistance (ne serait-ce que celle contre l’oubli des laisséEs pour compte), sur l’ilôt d’authenticité que représente encore ce quartier.

Programme des Activités

 Permanences (Café, thé, friperie, accès internet, le tout gratuit) : Matin : 10h-12h Aprèm’ : 17h-19h

 Projections : le Lundi soir, à partir de 20h30

 Repas gratuit : le Mercredi midi


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