Suite à des dysfonctionnements répétés et des difficultés rencontrées par les animateurs de la maison de quartier de la Darnaise, la municipalité a décidé dans la précipitation de fermer cet équipement qui occupe une place importante dans la vie du quartier. Cela n’est certes pas une bonne façon de réagir, car personne n’ose imaginer qu’on puisse couper le courant quand un agent EDF se plaint de ses conditions de travail !
Il est bien évident que les conditions de travail difficiles des salarié(e)s qui vont jusqu’à l’atteinte à leur intégrité physique appellent à un soutien sans réserve. Cependant le mode entièrement municipal des prises de décisions pour cet équipement qui n’a de « maison de quartier » que le nom n’est pas du tout approprié. Une autonomie de gestion de la part des habitants du quartier permettrait de la faire vivre selon leurs besoins dans de meilleures conditions. Un seul exemple le montre : des jeunes du quartier qui avaient prévu le 8 avril 2005 la projection d’un film sur les violences policières et un débat avec un avocat, en lien avec l’association Témoins, et en accord avec l’équipe d’animation avec qui cette soirée avait été préparée, se sont vus interdire par la municipalité d’organiser cette soirée ! N’est-ce pas déjà une certaine forme de violence de la part de la mairie ? Peut-on encore appeler maison de quartier une structure où les habitants du quartier n’ont pas le droit de parler de ce qu’ils vivent...
Au rassemblement tenu mercredi 28 février devant la maison de quartier, ont répondu à l’appel une centaine de personnes, essentiellement des fonctionnaires de la mairie, des agents territoriaux, des travailleurs sociaux et enfin des élus de la ville. On peut comprendre que très peu d’habitants du quartier ne soient venus et la quasi absence des jeunes pendant la partie officielle du rassemblement. En effet, leur présence ne semblait ni désirée ni la priorité des initiateurs du rassemblement.
Mais, par contre, juste avant les prises de paroles, la voiture des vigiles privés de la mairie de Vénissieux (habillés en orange et appelés Top) s’est mise à prendre feu, feu qui s’est propagé à deux autres véhicules. Ce feu a été allumé en plein jour et à quelques mètres du lieu du rassemblement appelé par la mairie. C’est incroyable. C’est vraiment très symptomatique.
Lors du rassemblement, les prises de paroles des représentants des salarié(e)s ont rappelé leurs conditions de travail dont la responsabilité incombe d’abord à leur patron, la mairie de Vénissieux. Enfin le maire, André Gerin, a pris le micro, accoutumé à des outrances verbales, des raccourcis faciles teintés de populisme nourrissant les bas instincts, faisant de la division la politique à Vénissieux, et a stigmatisé une partie de la population, les jeunes du quartier.
L’intervention du maire a déclenché aussitôt de très vives réactions et des protestations de nombreuses personnes outrées par l’indécence d’André Gerin de profiter de pareille occasion pour en remettre une couche sur la criminalisation de la jeunesse. Certains jeunes se sont alors approchés à ce moment-là pour donner aussi leur point de vue et ce qui les intéresserait au sein de la maison de quartier, alors même qu’ils sont rejetés, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi démolir tant de logements sociaux sur les Minguettes sinon pour faire partir la population actuelle. D’ailleurs une suggestion en est ressortie qui pourrait être un geste fort de la municipalité, à savoir la délocalisation du service jeunesse et du cabinet de maire et leur installation dans la maison de quartier de la Darnaise, le temps qu’il faudra pour redonner à cette maison les moyens de ses missions et amorcer un réel travail de concertation avec tous les habitants.
Le vivre ensemble à Vénissieux ne peut se faire sans les habitants ! Il ne peut se faire sans un large consensus, il ne peut être décrété, décidé en cercle restreint ou devant des plateaux de télé. Il ne peut être développé avec les tenants de la haine et de l’exclusion dans des ouvrages de basse politique, comme celui que vient d’éditer le maire André Gerin, élu PC, livre préfacé par l’ancien ministre UMP Éric Raout...
Le vivre ensemble à Vénissieux ne peut se faire avec le contrôle policier incessant, humiliant, provoquant. D’ailleurs le soir du 28 février, tout le secteur des Minguettes a été complètement bouclé par d’innombrables policiers...
Au contraire, il est indispensable d’amorcer un véritable dialogue avec les jeunes. Les habitants du quartier ont plus que jamais besoin de l’apport de chacun, chacune et de la contribution de tous pour faire face aux difficultés accumulées.

