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Collomb propose l’éradication
de la prostitution à Perrache:
Cabiria réagit aux côtés des personnes concernées
!
Octobre 2006
A en lire les medias, nous serions dans une
situation très grave à laquelle il faudrait vite réagir.
La situation est grave en effet Mr Collomb, et il n’aura pas été
de trop de vous alerter tant de fois au cours des derniers mois. Oui,
vous avez été prévenu que nous trouvions scandaleux
d’avoir amoncelé toutes ces camionnettes dans un si petit
site, oui elles sont venues l’hiver dernier, nombreuses, s’époumoner
sous vos fenêtres pour hurler leurs colères d’être
ainsi traitées, et oui enfin, vous saviez qu’un jour ou l’autre
la situation allait exploser.
Vous vous servez aujourd’hui des paroles de certains riverains pour
argumenter la nécessité d’un départ imminent
de toutes les personnes prostituées du quartier Perrache, avec
même l’idée de réaliser un arrêté
municipal pour régler le « problème » définitivement
avant la venue du cirque, vous organisez la future répression avec
les autorités préfectorales, vous servez un discours électoraliste
aux habitants du 2ème arrondissement pour les rassurer sur la future
« propreté » du site confluent… Un discours allant
même jusqu’à dire que c’est parce que la loi
sur le racolage n’est pas bien appliquée que cette question
n’est pas à l’heure actuelle résolue. Vous faites
tant de choses ces derniers jours pour éradiquer la prostitution
des belles rues lyonnaises alors que ça fait tant de temps qu’elles
vous demandent de les aider à trouver une solution viable et moins
précaire : une solution de solidarité et non de répression
! Vous adoptez un discours révolté et alarmiste mais personne
n’est dupe : ce qui est révoltant, c’est votre inaction
en leur faveur ; ce qui est alarmant, c’est le peu d’écoute
que vous avez accordé à leurs minces doléances ;
ce qui est écoeurant, c’est que vous souteniez l’action
du Ministre de l’Intérieur Mr Nicolas Sarkozy en encourageant
la police à plus de répression !
Alors nous venons vous le répéter encore une fois et nous
le répèterons tant que ce ne sera pas clair : ce n’est
pas par la répression que l’on améliore le devenir
des personnes, notamment quand ces personnes sont déjà si
discriminées. L’arrêté anti-prostitution de
2002 puis la loi sur la sécurité intérieure n’ont
fait qu’aggraver le sort des personnes prostituées : violences
symboliques, physiques, policières et institutionnelles, insécurité
car elles furent obligées de s’orienter vers des lieux éloignés
des regards. Et n’oublions pas que la violence est toujours un facteur
de risque aggravant pour les femmes vis-à-vis du VIH, des Infections
Sexuellement Transmissibles et des Hépatites virales. De façon
générale, la répression n’a fait qu’empirer
les conditions d’exercice de leur activité !
Sous couvert de pénaliser le racolage, au prétexte de la
lutte contre le trafic des femmes, les personnes prostituées sont
traitées aujourd’hui comme de dangereuses criminelles. Hors
morale et hors norme depuis de nombreuses années, elles sont désormais
également hors-la-loi. Exclues de tout ce qui fait lien, on ne
fait que leur signifier péremptoirement leur inappartenance sociale.
Est-il devenu honteux de nos jours de défendre les droits (accès
à un niveau de santé décent, accès au logement,
défense juridique, demandes d’asile…) de personnes
mises au ban de la société ?
Que reste-t-il d’une démocratie qui ne créé
plus que de nouvelles catégories d’exclus ?
Il est désormais temps d’appeler à la désobéissance
civile sur la question de la place des personnes prostituées en
France. Un jour victimes, l’autre coupables, il est temps de les
considérer comme des citoyennes à part entière !
Abrogation de l’article sur le racolage passif !
Non à la nouvelle mouture de l’arrêté anti-prostitution
sous la forme d’un arrêté anti-camionnettes !
Solutions pérennes et viables pour toutes les personnes du quartier
Perrache !
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